Notre Trans’Alpes

jeudi 20 février 2020
par  Claude
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Dans la continuité de la HRP et de la philosophie de Georges Veron, je vous propose de nous accompagner dans les Alpes sur la HRA ou plutôt sur la Trans’Alpes.

La Trans’Alpes est le fruit du travail de Jérôme Bonneaux, lui-même disciple de Georges Veron, il a également participé à l’élaboration de la HRP.

La Trans’Alpes occupe l’espace libre entre le GR®5 et la Haute Route des Aples, du point de vue de l’altitude et des difficultés.

C’est en quelque sorte le « chaînon manquant » entre ces deux traversées.

Jacques c’est 1m80 de Tartiflette
Claude c’est 4 litres 7 de Génépi aux 100 kilomètres

Contrairement à mes deux dernières longues traversées, je ne partirai pas seul et serai accompagné de Jacques.

Notre départ est programmé aux alentours du 20 juin, mais humblement les éléments décideront pour nous, car contrairement aux recommandations du Topo Guides notre périple s’annonce tôt dans la saison.

Pourquoi cette contradiction ?

Pour plusieurs raisons, Jacques désire manger de la marmotte en toute discrétion et j’aime la solitude des grands espaces.

Si cette période précoce confère une certaine tranquillité culinaire à mon acolyte, elle va nous exposer aux névés énergivores en calories qui vont ralentir notre progression.

Les sentiers méandreux de la HRP demandent un corps de serpent combiné à l’agilité d’un singe et question singerie nous n’avons rien à lui envier.

Cependant pour le corps du serpent, je pense que notre profil va ressembler à deux grosses limaces avec des sacs dans le dos, ce qui s’apparente plutôt à deux escargots.

Pour ne pas retrouver nos escargots dans le fond d’un ravin, nous allons limiter le poids des sacs à quinze kilos, un exercice qui consiste à se débarrasser de l’essentiel et parfois de l’indispensable afin de disposer d’espace de ravitaillement.

Comme dit si bien Jacques « la bouffe c’est quand même important », la consommation moyenne de nos escargots sera de 5 000 calories par jours.

Actuellement à l’étroit dans leurs carapaces, nos gastéropodes risquent d’en baver dans l’effort et de perdre quelques kilos.

Pour nous, il n’est pas question de s’alimenter de laitue et le rationnement de nourriture lyophilisée avec cinq cents calories par portion ne suffira pas.

Mon poids sollicite davantage un genou mal-en-point, un régime s’impose afin de le soulager, pour Jacques c’est l’inverse, trop mince, il risque de ne plus rien en rester à l’arrivée.

Suivant les recommandations du Topo Guides être accompagné est préférable, mais cela implique de notre part une responsabilité collective.

Nous allons être à l’écoute de l’un et l’autre afin d’éviter l’accident, c’est pour cette raison que je partirai avec des piles neuves dans mes appareils auditifs.

Les sacs accuseront donc le poids supplémentaire des EPI’s (équipement individuel de sécurité), une mauvaise nouvelle pour Jacques qui aime manger, il aura moins de place à consacrer à sa passion.

Note à moi-même : Avant le départ contrôle le sac à dos de Jacques afin de t’assurer qu’il n’a pas lourdé son matériel de sécurité pour de la nourriture.

Pourtant utile, je ne me suis jamais encombré d’un piolet et de crampons, car ce sont des éléments contondants avec lesquels on peut se blesser.

À défaut de cet équipement, l’enneigement m’a sanctionné sur la HRP, à regret je me suis montré infidèle au tracé, mais le randonneur averti doit faire preuve de sagesse.

Dans notre cas, cet équipement d’approche doit être léger, il est inutile d’embarquer du matériel pour un usage intensif, les piolets en aluminium seront droits du type randonnée sur glacier et les crampons ne seront pas en acier.

Faire preuve de discernement dans le choix de son matériel est un atout, car un équipement inadapté c’est lourd, et cela à un coût, prenez garde à vos genoux, ils ne sont pas interchangeables.

Sur de longues traversées, ne rognez pas sur le confort, si sur un trek de quinze jours on peut se contenter d’un environnement austère, à contrario sur une période plus large et au risque d’entamer votre moral, il est préférable de vous aménager une marge.

Question ravitaillement, Jacques n’a pas de souci à se faire, la Trans’Alpes propose de nombreuses possibilités d’approvisionnement contrairement à son tracé homologue (la Haute Route des Pyrénées) et les marmottes seront sauvegardées.

Les deux Topo Guides relatant les mêmes particularités, des sentiers sauvages très peu fréquentés et parfois des sentiers sans sentiers à ne plus savoir où marcher.

Pour la grande traversée des Alpes par les GR une paire de chaussures collinéenne s’avèrent suffisantes, les coutures entre les ailes de quartiers et les bouts ne risquent pas de s’éroder.

Par contre sur la HRP hors sentiers j’ai dézingué deux paires de chaussures à cause de la caillasse.

À contrecœur lors de nos emplettes Jacques et moi en bons randonneurs sadomasochistes avons opté pour des éléments de torture et depuis l’on s’entraine à supermarché avec des chaussures semi-rigides sans coutures et équipées de par Pierre (le jeu de mots est offert).

Je ne suis pas un adepte des chaussures de trekking (type B-C), plus lourdes, plus rigides, elles ne permettent pas une mobilité des chevilles et cela se répercute sur les genoux.

Jacques se bat avec son sac, sa morphologie toute particulière ne lui confère pas un profil de Sherpa et sur ce point, maître Scoliose rejoint notre serpent de tantôt, car les bretelles lui font mal à gauche et maladroit.

Les sorties en randonnées permettent de s’entrainer, mais aussi de tester son matériel bien que de se balader sur nos verts pâturages avec des sacs de trek cela prête à sourire, mais afin de conjurer le ridicule, nous disons aux autochtones étonnés que c’est pour un reportage sur ARTE.

Comme si l’épreuve n’était pas assez difficile, afin d’éviter l’Arpette, j’ai trouvé le moyen d’ajouter des variantes à la Trans’Alpes par l’ascension du col des Ecandies et aussi de zapper certains passages par la civilisation (et donc des ravitaillements en moins, ça va être chaud pour Jacques).

Je crois que Jacques a raison "nous n’en reviendrons pas !"
..… enfin, pas lui en tout cas !

Bon alors ici, j’ai dessiné Jacques franchissant la fenêtre d’Arpette !

Le découpage de la Trans’Alpes

La vidéo de la HRP de Veron :



Documents joints

Keyhole Markup Language - 1.6 Mo
GPS eXchange Format - 3.1 Mo

Portfolio

En bonus un poster de Jacques sur la Trans'Alpes

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lundi 9 mars 2020

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